Psychanalyse

Mardi 7 février 2 07 /02 /Fév 15:44

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Le « un » ou la question de l'unarité : le lien philosophique et psychanalytique.

 

 

Le « un », c'est le sujet en tant qu'être sujet de son histoire et de l'Histoire. Du "Je pense donc je suis" de Descartes, de la question de la pensée de l'être ou de l'être pensant ou de l'être qui pense. Il différencie l'homme de l'animal. Le « un », c'est l'impossible, c'est ce qui reste quand nous n'avons plus d'être, quand nous sommes face à un mur, dans une impasse. C'est ce que nous mettons dans le mystique. Ceci surgit dans l'amour, la guerre et la religion.


De ce chemin de l'être pensant, il est arrivé à l'inconscient de l'être ou l'inconscient du sujet. Sujet divisé entre son être et son inconscient. La division du sujet se joue ici. Ce qui amène une supériorité de l'être quand le sujet connait son inconscient. C'est Aristote qui parle d'être parlant et du logos. Supériorité en tant qu'il a compris que l'inconscient amenait à faire des lapsus et des actes manqués ayant un sens dans sa vie. Il n'existe pas de supériorité de l'être sur l'autre. Le psychanalyste est le réceptacle de l'histoire des êtres, de leur conscient et de leur inconscient. La question de l' « un » rejoint la question de l'autre.

 

La question de l'un se retrouve dans la transfert et est présenté dans le Banquet où Socrate a une relation transférentielle avec ses disciples.

 

La sortie du discours se fait par la topologie des surfaces et la topologie des noeuds. Lacan nous apprend : « Y’a’d l’Un ».

« Il y a » apparaît dans l'histoire au XIXème siècle et pas avant de cette manière. « Il y a » veut dire « un ».

Ce « il y a » n'existe pas dans d'autres langues. « Y'a'd l'Un » se divise et produit en l'écoutant qu'il y a de l'autre dans de l'Un. D'un côté, il y a de l'un et il y a de l'autre.

Le début du Parménide dit ceci : L’un est Un,εί ἓν ἐστιν1. Lacan pose les choses comme d'une énonciation dans le Parménide. L'un est posé dans un réel différent dans son énonciation. C'est l'événement d'un dire. Il l'explique dans les Noms du père. L'événement d'un dire qui modifie le réel dans le discours. Ce dire déplace le réel qui institue un nouveau rapport au réel par le discours.

 

La question de l'un s'explore dans le Parménide quand Socrate laisse place à Diotime. Là, il exprime la théorie du transfert dans l'amour, deux êtres ne pourraient en faire qu'un mais Diotime souligne le fait qu'ils sont séparés et il prend le contre pied d'Aristophane. Séparé par les dieux, le but étant de retrouver la moitié perdue.Alcibiade évoque ensuite agalma, la forme, l'ouvrage travaillé avec art, l'objet dont on se pare... Là, se découvre l'objet « a » dans le transfert décrit par Jacques Lacan. Socrate répond par le deux à la question de l'union, voir le trois dans la relation à l'objet. Le Deux, c'est pas un. Un plus deux, ne fait plus un et c'est là que se soutient du trois et non pas l'union sexuelle d'où « Il n'y a pas de rapport sexuel » de Jacques Lacan.

 

Aristote pense la dyade, c'est à dire penser par couple d'opposition qui fait rapport dans le fantasme. Le fantasme existe dans la relation transférentielle mais il n'y a pas de rapport sexuel alors se sublime le 3 dans le transfert.

L'un, c'est autre chose. Les néo-platoniciens ont fait de la question du un, un savoir mystique, une transcendance religieuse. Il existe une dérivé au « un » mystique, au « un » du croyant c'est le « un » du transfert dans la psychanalyse.


Le vide et l'absence représente le « un » que l'être remplace par le « un ». Le Réel s'oppose à la réalité. La perte dans la réalité est la conséquence du Réel impossible. Cette réalité des semblants et des étants qui s'oppose à l'être. L'essence de l'être, c'est le zéro qui lorsqu'il est symbolisé devient le zéro comme agent qui entretient le désir.
Pour l'invoquer, on va le nommer dieu → un signifiant qui se signifie de lui-même. « Je suis ce dont je suis ». C'est entrer dans l'être que de le nommer alors il faut lui donner une lettre le « A » qui s'origine dans la langue hébraïque et sera qualifié par Frege de 1. Dieu comme 1.

 

Le concept, ce vide radical, c'est ce qui s'autorise de ce « UN » pour illustrer de sa puissance, de son autorité, dans la volonté de maîtriser ce qui échappe aux signifiants. Pour donner corps au zéro, il y a trois méthodes ou plutôt quatre avec le phallus. Le phallus qui suppose l'identification à soi-même. Le « un » sort de la rature. C'est le trait « un » et qui vous dit, « c'est pas ça » et c'est une définition du signifiant.

L'être ou la lettre se trouve tout le temps comparé au « UN » complet total parfait.

Alors que le mot, la lettre, le Signifiant sont toujours frappé de cette imperfection que nous cessons de parler. Le « UN », c'est pas ça.

 

Le un est la définition de ce vide. Cet impossible conditionne la réalisation d'une vie sexuelle, d'un acte sexuel, qui met en place le désir. Cela s'opère dans la famille. Cet ordre symbolique a besoin de rencontrer le réel c'est à dire l'opposition au réel du père dans l'écriture du complexe d'Oedipe. Toute la famille s'oblige à la castration symbolique pour symboliser le « un » et donner aux enfants ce sentiment heureux. C'est la place du zéro de chaque signifiant. Non pas le « un » mais la symbolisation du « 0 ».

 

Savoir ce que ça fait, d'où ça sort, d'où ça vient, d'où ça transfert.

 

Le 31 janvier 2012,

Hélène Perron.

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Mercredi 13 avril 3 13 /04 /Avr 09:41

 

L'interprétation des rêves en psychanalyse.

 

 

Selon Freud, le rêve révèle le passé, celui du rêveur. Le désir inconscient, c'est la sexualité infantile. Le névrosé refuse de concevoir ces représentations inconscientes étant inconciliables avec les exigences de la conscience.

Le rêve, tel qu'il est raconté par le patient, est appelé le contenu manifeste. C'est un désir refoulé que le patient nous raconte dans son rêve. L'interprétation des rêves sert à découvrir ce qui est latent pour le patient. Le rêve, c'est le symptôme. Le patient se défend à la fois d'un désir et s'en défend en le transformant.

Un enfant représenté par exemple dans un rêve peut correspondre au phallus.

Ce qu'il faut dévoiler pour le patient, ce n'est pas le contenu manifeste du rêve du patient mais plutôt son contenu latent.

Pour passer du contenu manifeste au contenu latent, il faut repérer avec le patient le désir inconscient qui s'exprime pour lui.

 

Le travail du rêve se fait par :

  • La condensation,chaque représentation renvoie à plusieurs explication du rêve. Ce sont deux images qui se superposent en une seule.

  • Le déplacement, c'est ce qui cache le réel pour le patient. L'affect n'est pas la représentation et ne contredit pas le moi. Jacques Lacan fera du déplacement une métonymie.

  • La symbolisation, c'est la recherche avec le patient de la symbolique des images de ses rêves. Freud : « Le contenu du rêve nous est donné sous forme d’hiéroglyphes dont les signes doivent être successivement traduits dans les pensées du rêve [les associations du rêveur] ».

  • La dramatisation.

L'élaboration secondaire, c'est la manière romancée de raconter en rêve en passant à côté de ce qu'il signifie inconsciemment pour le patient.

 

Dans « L'interprétation du rêve » Freud écrit :

 

Page 402 :

« Les enfants aussi ne signifie souvent dans le rêve rien d'autre que des organes génitaux, comme d'ailleurs les hommes et les femmes sont habitués à désigner d'une manière câline leur organe génital comme leur « petite chose ». 1909. « Jouer avec un petit enfant, battre le petit, etc.., sont fréquemment des présentations oniriques de l'onanisme ». 1910.

 

Page 459 :

« Par les animaux sauvages, le travail de rêve symbolise en règle générale les pulsions passionnelles – aussi bien celles du rêveur que celles d'autres personnes dont le rêveur a peur, donc, avec un très léger déplacement, les personnes elles-mêmes qui sont porteurs de ces passions. D'ici, il n'y a pas loin jusqu'à la présentation – faisant écho au totémisme – du père redouté au moyen d'animaux méchants, de chiens, de chevaux sauvages. On pourrait dire que les animaux sauvages servent à la présentation de la libido redoutée par le moi et combattue par le refoulement. La névrose elle-même la « personne malade », est elle aussi souvent séparée du rêveur par clivage et visualisée dans le rêve comme personne autonome. » 1919.

 

Dans « L'interprétation du rêve » de Freud Ed PUF, Freud écrit sur les symboles dans les rêves :

Page 432, « Partir en voyage est l'un des symboles de mort les plus fréquents et les plus à même d'être fondés. Le rêve nous dit alors à titre de consolation : Sois tranquille, tu ne vas pas mourir (partir en voyage), tout comme le rêve d'examen apportait l'apaisement : ne crains rien ; cette fois encore , il ne t'arrivera rien ».

Page 405, « Les organes génitaux peuvent également être représentés dans les rêves par d'autres parties du corps, le membre masculin par la main ou le pied, l'orifice génital fémininpar la bouche, l'oreille, ou même par l'oeil ».

Page 446, en annotation dans les rêves oedipiens camouflés : « On y trouve aussi des travaux sur les « rêves d'yeux » et la symbolique de l'oeil par Eder, Ferenczi, Reitler. L'aveuglement venant, dans la légende d'Oedipe comme ailleurs, comme représentance substitutive de la castration ».

 

Le 10 avril 2011,

Hélène Perron.

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Mardi 5 avril 2 05 /04 /Avr 14:25

Séminaire du 21 mars 2011 de Jacques Aubert avec Catherine Millot et Françoise Gorog pour L'association Cora.

 

Françoise Gorog remercie chaleureusement Jacques Aubert pour sa présence au séminaire et la grande chance que nous avons tous de pouvoir l'entendre en ce lieu. Elle précise que sans Jacques Aubert, il n'y aurait pas eu « Le Sinthome » de Jacques Lacan. Jacques Aubert a dirigé la publication de l'oeuvre complètes de James Joyce pour La Pléiade. Jacques Aubert travaille actuellement sur la traduction des écrits de Virginia Woolf et leurs liens psychanalytiques.

 

Jacques Aubert dit avoir rencontré quelque chose comme un post-scriptum à certaines choses que Françoise Gorog a écrites, il fait ici référence à l'article qu'elle a écrit sur Virginia Woolf pour la fondation européenne.

 

Virginia Woolf est née le 25 janvier 1882, elle s'est suicidée le 28 mars 1941 à l'âge de 59 ans, c'est une écrivaine anglaise et une féministe. Elle a été membre du Bloomsbury Group qui est une société littéraire londonienne. Elle est née Adeline Virginia Stephen à Londres. Elle avait un trouble bipolaire.

 

Jacques Aubert nous explique que cet accrochage tient au poète William Cowper du XVIIIème siècle, c'est sa singularité qui lui donne un poids réel à ce qui nous intéresse.

 

Né d'un père pasteur, William Cowper est mélancolique dès son plus jeune âge. Le début de ses troubles se déclarent en 1763, il a fait une tentative de suicide. Enfermé dans un asile d'aliénés, William Cowper produit des écrits d'une sensibilité extrême. Il a une terreur de la mort, du péché et de la damnation. Le deuxième épisode de sa maladie se déclare en 1773, il continue cependant à écrire. Ses « Olney Hymns » paraissent en 1779, « La Tâche »(«  The Task ») en 1795. Dans ses poèmes, les touches d'humour se mêlent aux frissons morbides, la légèreté de ton côtoie des accents plus intimes qui annoncent le romantisme. De 1783 à 1791, il traduit « L'Iliade et L'Odyssée ». Il meurt en 1800, après cinq années de souffrance et d'angoisse. Ce grand poète anglais a également écrit des lettres qui sont parmi les plus belles de la littérature anglaise.

 

Il y a eu une rencontre qui touchait le sens et la jouissance pour Virginia Woolf. Cette rencontre s'est déroulée tout au long de sa vie dans sa correspondance avec Cowper. William Cowper était un poète et épistolier remarquable. C'est le père de Virginia, Sir Leslie Stephen qui l'a orienté vers la lecture de la poésie de Cowper.

Elle a lu Cowper et il existe d'autres manifestations de cet accrochage dans sa fiction et ses essais.

 

Virginia Woolf effectuait beaucoup de ratures dans ses écrits. Elle raturait énormément, elle écrivait plus ou moins facilement et de façon prolixe. Puis, elle décidait d'arrêter son écriture. Elle sabrait ses écrits. Elle coupait comme une castration de ses écrits et peut-on dire qu'elle se castrait à chaque livre ? Il fallait qu'elle donna une forme à ses écrits en les coupant.

Le premier roman de Virginia Woolf date de 1907. Elle a supprimé deux pages de ce premier livre que Jacques Aubert a retrouvé et qu'il nous lit pendant le séminaire.

L'héroïne se trouve sur un bateau en Amérique du Sud, elle regarde la mer et elle évoque les lettres de Cooper.

 

Virginia raturait, elle raturait ses mots, elle raturait ses maux. Elle avait besoin de couper des morceaux de ses textes, elle avait besoin de sabrer comme nous le dit Jacques Aubert. Sabrer, sa production littéraire comme une castration littéraire de ses écrits.


En psychanalyse, la castration, c'est la castration de la mère : que l'enfant cesse d'en être le phallus, au sens d'une réalité qui lui permettrait d'être enfin « toute ». Le phallus est en effet primitivement la conception imaginaire que l'enfant désirant substitue au manque de pénis de la mère et à quoi il va s'identifier, puisque c'est ce qui lui manque. L'identification phallique lui sera interdite (la castration proprement dite) par le père symbolique c'est-à-dire par une loi dont la médiation doit être assurée à travers le discours de la mère, par la place qu'elle fait au père dans son désir. Ainsi on cesse d'être le phallus grâce au fait que la mère soit une personne désirante et non pas une fonction maternelle enveloppante : si elle oriente son désir vers le père, faisant de celui-ci le symbole de ce qui lui manque et de ce qui suscite son désir, c'est qu'on n'est pas soi-même son complément et par conséquent qu'on ex-siste, hors de la garantie d'un tout qui serait la vérité de notre vie.

La notion de castration désigne donc le « manque symbolique d'un objet imaginaire »(par opposition à la frustration qui est le manque imaginaire d'un objet réel, et à la privation qui est le manque réel d'un objet symbolique).

Cette notion est à la fois clinique, méta-psychologique et éthique : notre vérité n'est plus l'appartenance à ce tout fantasmatique de la mère jouissante (exemple sinistre des nationalismes et autres revendications « identitaires ») mais l'acte de parole, dans l'indéfinie réitération du langage. Assumer la castration, c'est donc avoir une parole qui fasse acte (exemple la promesse), par opposition au fait de chercher dans un tout (l'identité ethnique, le conformisme social, la carrière, etc.) la raison de notre être, dès lors jouissivement instrumentalisé.

 

Regarde t-elle la mère, sa propre mère Julia Stephen Duckworth ?

Il est à ajouter ce passage de Françoise Gorog de son article sur Virginia Woolf :

« Il faut dire que l’attachement précoce à la mère évoque ce que Karl Abraham appelait l’ « Urverstimmung », trouble originaire de la relation du sujet à l’objet oral, ressort selon lui de la psychose maniaco-dépressive. Selon le témoignage d’Hermione Lee1,sa biographe la plus récente, la seule lettre de Julia, sa mère, à Virginia qui ait été conservée est le rapport d’une conversation entre deux vieilles :

« Puis elle dit qu’une certaine Mme Bright était morte si brusquement et on disait qu’elle a tué son premier enfant. Non pas volontairement, mais elle l’a fait valser à travers la pièce jusqu’au moment où il n’a plus respiré, alors attention, ne faîtes jamais valser les enfants à travers la pièce. [… ] Ta vieille maman qui t’aimera toujours.

Curieuse évocation entre mère et fille que le joke autour d’une mère qui tue son enfant en le faisant valser…L’aurait-elle fait valser, sa fille ? Et sa dernière parole rapportée, à son lit de mort fut un commandement peut-être soucieux mais quel viatique minimal !

Tiens- toi droite, ma biquette

Phrase souvent dite à Virginia par son frère aussi.

De cette mère Virginia guettait les allées et venues, en jetant à la dérobée des coups d’œil derrière le store, sure qu’elle s’était fait écraser. C’est une mère qu’elle décrit dans des souvenirs

entourée… généralisée, dispersée, omniprésente, où elle est le créateur de ce monde joyeusement peuplé qui tournait si gaiement sur lui-même au centre de mon enfance.

Etrange tout de même, cette mère à ce point démiurge et dispersée, négligente dirait-on maintenant.

La seule phrase qui évoque un contentement est celle qui décrit le moment où, sa mère ayant apprécié quelque chose qu’elle avait écrit dans Hyde Park Gates News, journal fait avec son frère Thoby de 1891 à 1895, elle ressentit

Cette impression d’être un violondont on jouait ».

« La tâche », « The task » est le nom du grand poème que William Cowper a écrit sur une dame. Ce « léger fantôme » de Cowper. « Il était cerné d'abîme de mélancolie ».

« La tâche »est composé de six mille vers blancs, il est divisé en six livres : Le Sofa, L'Horloge(The Timepiece), Le Jardin, Soirée d'hiver, Promenade un matin d'hiveret Promenade hivernale à midi.

William était cerné d'abîme de mélancolie tout comme Virginia et ils se rejoignaient dans ces troubles de l'indifférence affective douloureuse. Ces troubles douloureux communs qui les rendaient tous les deux affectueusement proches.

 

La mélancolie de Virginia Woolf est évoqué dans l'article de Françoise Gorog :

« Virginia eut une attitude étrange à la mort de sa mère : Indifférence affective douloureuse?

J’ai ri derrière la main censée cacher mes larmes ; à travers mes doigts, j’ai vu les infirmières sangloter. …Je craignais de ne pas avoir assez de sentiments. De même aujourd’hui.

C’est lors de cette première dépression en 95 qu’elle tente de sauter par la fenêtre selon Léonard Woolf 2mais Hermione Lee suggère que ce serait plutôt à la mort de son père…ce que dit Quentin Bell :

Elle se jeta par une fenêtre…Ecoutant chanter les oiseaux en grec…Le Roi Edouard II se tenait tapi dans les azalées usant du langage le plus ordurier.

Les oiseaux chantent en grec pour Virginia comme les passants parlent mal de Joyce en latin dans les rues de Dublin. Le grec, ce savoir que n’avait pas sa famille paternelle mais que Thoby lui apprit comme les oiseaux.

Edouard II , roi d'Angleterre de 1307 à 1327, figure de roi faible, honni, confronté au soulèvement général, mené par la reine Isabelle, destitué, tondu et fait prisonnier par le parlement à Westminster Hall le 20 janvier 1327, après avoir dû remettre sa couronne et son sceptre aux envoyés du parlement, emprisonné , assassiné, supposé homosexuel comme ses amis de Bloomsbury.

Figure de souveraineté contestée et bafouée, serait-il un visage de son père, lui-même ordonné pasteur de l’église anglicane et abjuré. Pervert ? d’une certaine façon, renégat, à propos duquel Lacan évoque le lapsus du nœud3, laps.

Laps et relaps du latin lapsumissu du verbe labi, se dit de celui qui tel Henri I, après avoir embrassé la religion catholique, la quitte pour revenir à sa première croyance. Si des piliers de bistro traitent le Bloom de l’Ulysse de Joyce de juif rénégat, perverted Jew, selon Jacques Aubert4, le mot perverteden anglais signifie renégat ou apostat aussi bien que perverti. Commun chez les pères forclos.

 

Virginia attendait le retour du poète. On rencontre ici cette évocation du petit monde de ce poète et une thématique. Virginia Woolf était fasciné par William Cowper.

 

Fascinée par lui, par ses écrits et peut être par ses troublesqui l'a renvoyait au miroir d'elle-même dans ses propres souffrances mélancoliques. Du miroir, au reflet du miroir, du face à face avec l'autre, le reflet s'exprime en l'autre et nous renvoie parfois à notre propre image mélancolique.

De la fascination, il convient de rappeler que le mot « fascination» trouve ses racines dans le latin fascinus qui désigne le phallus, le pénis en érection. La fascination par extension c'est l'Attrait exercé par une lumière, un objet brillant, le mouvement de l'eau, l'eau elle-même. Ce lien est fait étant donné le suicide dans la rivière de Virginia Woolf.

 

William Cowper a vécu une vie mondaine très fournie jusqu'au moment de la crise. Au moment de la gaîté de William Cowper, quelque chose est arrivé, quelque chose de morbide, saisi d'une terreur devant l'action qu'il a saisi. Jacques Aubert fait ici référence au cas Daniel-Paul Schreber. William Cowper a eu à ce moment là une promotion professionnelle, ce changement professionnel amena un changement du regard du public sur lui. Ce changement lui paru impossible. L'impossible réél qui le condamne et le détruit. Cette terreur prend la forme de la damnation, trait typique de Cowper damné à un point tel qu'il est libéré et heureux dans cet espèce d'au-delà, il est au-delà dans un environnement. Cet environnement qui a cessé d'être hostile pour lui.

 

Jacques Aubert nous cite le poème :

« Nous sommes morts chacun dans la solitude. … Mais moi, je suis au fond d'une mer (d'une mère) qui est plus rude et je suis englouti dans des abîmes encore plus profond... » Une mer déchaînée,... Une mère déchaînée, une mère sans la chaîne des signifiants de Jacques Lacan.

« …englouti dans des abîmes plus profond que les siens... »

Le poème concerne un marin qui est victime d'une tempête et qui meurt sans être sauvé.

Il est plus mort encore que celle des noyés, une seconde mort qui se rajoute. Une mort de plus.

 

La singularité d'être, l'être du poète William Cowper dans ses troubles mélancoliques, dans double mort, celle d'être mort une fois puis une deuxième fois.
Être mort et ressentir la mort si profondément en soi comme si l'autre en nous n'était que le reflet de notre lumière qui ne s'agit que dans nos pensées sombres de nous même. Dans cet agalma, ce petit "a" qui brille de tous ses feux ou qui déchu, s'assombrit du noir de la bile décrite par Aristote.
« Sa singularité qui donne un poids réel à ce qui nous intéresse » selon Jacques Aubert.
Poids réel ou point réel dirait peut être Jacques Lacan de la mélancolie de génie si souvent prononcée et a jamais inscrite comme une trace dans ma mémoire grâce aux mots de Françoise Gorog dans sa douceur auprès des patients, comme une trace dans mon coeur d'entendre les patients la remercier. Touchée par sa manière de les inviter à décliner et à étendre leur souffrance.

 

Il me semble intéressant de définir le mot abîme :

Cavité naturelle, aux parois abruptes, s'ouvrant au niveau du sol, sans fond apparent, considérée comme insondable. Cavité située en dessous du niveau du sol ou du niveau de la mer. Cavité terrestre naturelle (vide ou non), s'ouvrant abruptement au niveau du sol. Cavité marine, au-dessous du niveau de la mer pris comme référence de l'horizontalité. Au pluriel, le mot s'applique aux cavités de la mer, envisagées du point de vue de leur profondeur. Dans le langage biblique, désigne les eaux auxquelles, selon la Genèse (I, 9-10), le Créateur assigna des limites au troisième jour de la Création : En vérité je vous le dis, ce fut comme au jour où l'abîme rompit ses digues, et où déborda le déluge des grandes eaux. F.-R. DE LAMENNAIS, Les Paroles d'un croyant, 1834, p. 94.

Dans un contexte religieux, Enfer (en tant que lieu souterrain, séjour des morts et/ou des damnés) : Terre, élève ta voix; cieux, répondez; abymes, noirs séjours où la mort entasse ses victimes, Ne formez qu'un soupir. A. DE LAMARTINE, Méditations poétiques, Le Désespoir, 1820, p. 98.

 

Jacques Aubert signale cette expérience de William Cowper qui est plus mort que mort.

 

Virginia Woolf est engloutie par un certain nombre de visions.

Ces moments d'être, notre existence est vécue sur le mode de l'existence des non-êtres. Pour Virginia Woolf, seuls quelques moments de notre vie émergent de l'existence. Sinon, nous ne vivons qu'une non-existence. Ces moments sont comme des fenêtres dans une existence. Des fenêtres qui éclairent, des fenêtres qui sont éclairées, percées dans le tissu prosaïque du reste de l'existence, du reste du monde.

Le signifiant fenêtreexiste dès le début de l'oeuvre de Virginia Woolf. Jacques Aubert nous précise les deux tentatives de défenestration de Virginia Woolf. Cette histoire du cadrage par la fenêtre n'est pas étrange avec le regard de Virginia sur la peinture.

La fenêtre, les fenêtres de Virginia qui se défenestra deux fois dans sa vie, encore cette double mort évoquée mais cette fois-ci la double tentative de mort effective.

 

Dans les troubles mélancoliques :

« Le risque, on le sait, pour reprendre les termes du séminaire de L’Angoisse de Jacques Lacan, est celui de la traversée de l’image narcissique i (a)qu’opère le sujet dans le raptus suicidaire où il rejoint en acte, son être comme objet chu, hors symbolique, là où dans le syndrome de Cotard, il réalise son être éternisé ». Article de Françoise Gorog.

 

Extrait d'Aristote Problème XXX :

« De la même façon, en effet que les individus sont différents par leur aspect (...) ceux qui en ont une grande quantité sont déjà différents de la plupart des gens. Si l’état du mélange est tout à fait concentré, ils sont mélancoliques au plus haut degré ; mais si la concentration est un peu atténuée, voilà des êtres d’exception. »

 « (...) Mais puisqu’il est possible qu’il y ait un bon mélange de l’inconstance, et que celle-ci soit, en quelque sorte, de bonne qualité, et qu’il est possible, au besoin, que la diathèse trop chaude soit en même temps, tout au contraire, froide (ou inversement en raison de l’excès qu’elle présente), tousles mélancoliques sont donc des êtres d’exception, et cela non par maladie, mais par nature. »

Cette fenêtre créative qu'est la peinture et que Virginia a connu dans les tableaux de sa soeur. La fin de la promenade au phare avec la dame qui met la dernière touche de pinceau à son tableau.

L'intensité des visions de Virginia, cette "tensify" exprimée par Virginia sur les visions de Cowper. Jacques Aubert nous dit : Cette situation extraordinaire, cette religiosité de ce qui les unissait tous les deux était une religiosité délirante.

Cette dame est devenue la dame de ses pensées, il a écrit pour elle de magnifiques poèmes.

Virginia a l'impression d'être sur une passerelle entourée d'abîme, elle termine alors l'essai sur William Cowper.

Être damnée d'une façon d'être irrémédiable mais d'éprouver enfin de la liberté. Se libérer enfin de la souffrance mélancolique, se sentir libre.

Ce qui a fait CHOC pour Virginia, elle le dit dans les mots de Rachel dans un de ses livres « Ils étaient réels ses morts, les gens qui sont autour de lui ».

 

Elle picote le morse, ce picotement au bout des doigts de Virginia qui entraîne une écriture qui l'a dépasse. « Tinglin, tingle » en anglais qui veut piquer, picotement, frisson, trembloter. « Tinglin », Virginia l'a utilisé dans « Orlando ». Quelque chose pour Virginia Woolf a un certain poids. On retrouve aussi ce terme chez James Joyce par la télépathie et le télégraphe.

La note de musique est à mettre sur le même plan.

Fortifiée par la présence des choses qui ne sont pas là. Le monde des choses qui ne sont pas là. Ces choses deviennent plus importantes que le monde lui-même.

Comme le discours d'un être à l'au-delà, aux autres qui ne sont plus là, dans des pensées lancinantes pour eux qui ne peuvent s'éteindre dans le cerveau.

C'est cette rature, ce ratage que Jacques Aubert nous explique pour Virginia qui est tout a fait réussi.

La mélancolie est l'évocation d'une jouissance et en même temps une interrogation du sens. C'était insupportable parce que ce n'était pas ça ou peut être trop ça. A la fin d' »Orlando «  surgit la question de la poésie, de l'écriture et du déchet. « Orlando » commence en tant qu'homme puis devient une femme « Orlanda ». Il existe quelque chose qui courre, c'est l'écriture.

C'est le moment où Virginia écrit sous son chêne favori. Elle se souvient qu'elle porte ça, qu'elle tombe, le volume publié est tombé.

Elle en a fini avec la poubelication (de ce que Jacques Lacan disait du déchet)du poème et elle pense l'enterrer auprès du chêne.

Virginia rejoint l'au-delà, dans un discours elle dit: « J'enterre ce livre en guise d'offrande, je rend à la terre ce que la terre m'a donné".

La poésie est pour Virginia : la réponse d'une voix à une autre voix.La réponse d'une voix à une autre voix a deux sens celui de l'amoureux à l'amoureuse ou celui d'une voix intérieure qui répond à une autre dans la mélancolie délirante.

 

Comment supporter l'indicible de la souffrance dans cette maladie ?

 

Françoise Gorog intervient pour expliquer qu' « Orlando » est transformable en Or-Land-On..

 

A propos de la disparition de son père en parlant de lui elle écrit : « S'il avait survécu, sa vie aurait mis fin à la mienne. Son père était un maquereau, un homme à femme ayant profité de toutes les femmes qui étaient autour de lui.

La question de l'équivoque5 :

La fameuse nageoire triangulaire que cite Françoise Gorog. Le noyau noir d'obscurité en forme de coin qui vient ouvrir quelque chose. Lorsqu'elle aperçoit cet aileron de requin qui vient couper la nappe d'eau. La petite rivière dans laquelle, elle s'est noyée, est une rivière minable. Il fallait attendre la marée pour s'y suicider tranquillement.

Nous pouvons donc en déduire qu'elle avait prémédité son geste suicidaire et avait donc fermement l'idée de réussir son suicide.

Elle avait vu la possibilité de son suicide dans ce lieu de la fenêtre de la maison.

On retrouve ici la question de l'équivoque.



Françoise Gorog précise « tensifi and tensify » qui est une expression ancienne du XVIème et XVIIème siècle. Elle joue avec lalangue. Dans le dictionnaire d'Oxford, cela serait un néologisme, inexplicable, indicible c'est à dire une intensité forte.. Il fallait qu'il soit ce cas de l'exception.

« Gnomon », dans la géométrie d'Euclide, c'est à dire « pas tout ».

Le gnomon est un mot latin qui veut dire aiguille de cadran solaire, venant du grec gnômôn qui désignait une règle ou ce qui sert de règle. Par dérivation un gnomonest le nom du plus simple cadran solaire : un bâton planté verticalement dans le sol, ou même encore plus simple : l'homme lui-même. Le gnomon a donné son nom à la science des cadrans solaires. Le gnomon a aussi été utilisé en Chine par exemple, pour déterminer la longueur de l'année tropiqueen repérant le moment des solstices par la longueur de l'ombre à midi solaire. Un exemple est la Tour de l'Ombre de l'observatoire Guan Xing Tai (觀星台 - littéralement « une plate-forme pour observer les étoiles »), située à la ville de Dengfeng dans la province Henan.

En géométrie, un gnomonest une figure plane formée en enlevant un parallélogramme, d'un coin d'un plus grand. Lorsque le parallélogramme est un rectangle, le gnomon est alors une sorte d'équerre. La notion se généralise à toute figure géométrique qui doit être ajoutée à une figure donnée, pour que la nouvelle figure soit semblable à la première.

La projection gnomonique (ou centrale) est une projection de cercles d'une sphère, dont le centre (œil d'où partent les rayons) est le centre de la sphère, sur un plan de visée tangent à la sphère. Elle est utilisée en cartographie, et surtout pour la navigation aérienne : son avantage est de représenter les grands cercles de la sphère par des droites.

Et l'on rejoint alors la pensée lacanienne dans le séminaire du Sinthome :

Je veux dire qu’à substituer le couple d’une droite supposée infinie avec un cercle, on obtient le même nœud borroméen. Il y a quelque chose qui répond de ce chiffre trois qui est l’orée, si je puis dire, d’une exigence, laquelle est à proprement parler l’exigence propre du nœud. Elle est liée à ce fait que pour rendre compte correctement du nœud borroméen, c’est à partir de trois que spécialement s’origine une exigence”. Page 24. Jacques Lacan.

Je veux dire que ces trois points à l’infini, mettons-les ici, par exemple, doivent être, sous quelque forme que nous les supposions, et nous pouvons aussi bien inverser ces positions, je veux dire faire que, que cette première droite à l’infini si l’on peut dire, soit, par rapport aux autres, enveloppante, au lieu d’être enveloppée.C’est la caractéristique de ce point à l’infini, que de ne pouvoir être situé, comme on pourrait s’exprimer, d’aucun côté”. …/...

Je vous ai maintes fois familiarisés avec ceci, c’est que le nœud borroméen, si l’on peut dire, dans la troisième dimension, consiste dans ce rapport qui fait que ce qui est enveloppé par rapport à l’un de ces cercles se trouve enveloppant par rapport à l’autre”. Page 25. Jacques Lacan.

 

Le “Gnomon” est lié à son acte d'écriture. Écrire pour elle, c'est biffer. Au stade de l'achèvement d'un manuscrit, Virginia Woolf ne peut que sabrer son texte, sabrer son écriture. Elle ne peut publier seulement quand elle a sabré un passage de son livre. Il lui faut absolument couper un livre avant de le publier.

 

La nageoire dans le poème “La promenade au phare”, cette façon de vivre ou de vouloir se vivre, c'est son affaire, qu'elle imagine la nageoire comme symbole, un noyau obscur, une forme triangulaire et tranchante. L'aileron est la nageoire tranchante de l'océan.

 

Françoise Gorog met l'accent sur le nom de la rivière “Ouse” qui n'est pas bien loin de la rivière “H-ouse”, la rivière devant la maison, celle où Virginia s'est suicidée.

 

Catherine Millot dit qu'il y a deux structures particulières :

    • Le moment d'hyperclareté sur le tissus prosaïque,

    • Les planches au dessus de l'abîme entourées d'abîme comme inversées.

 

Le syndrome de Cotard est cité par Françoise Gorog, c'est un syndrome délirant décrit par le neurologue français Jules Cotard français observés chez les mélancoliques.

La thématique hypochondriaque associe des idées :

  • d'immortalité,

  • de damnation,

  • de négation d'organe (le sujet pense que certains de ses organes sont "pourris", "bouchés" ou "transformés en pierre", ou bien qu'il n'a plus de bouche, etc.),

  • de négation du corps (le sujet pense ne plus avoir de corps ou bien être déjà mort).

Le patient ne consulte pas pour ses problèmes corporels, il pense être incurable. Ces troubles nécessitent des soins d'urgence en milieu hospitalier car le risque suicidaire est maximal.

 

« Or-Land-O », c'est la réponse de la poésie, le coup de pinceau à la fin. Le coeur de l'affaire serait la question de l'acte poétique d'une problématique de l'acte qui serait autre. Vita réagissait comme Léonard lors de l'acte sexuel.

La notion d'acte en temps qu'effondrement au réel, à partir du moment où je les écris. Le Réel est atteint au moment où elle écrit.

Une jouissance, une joui-sens du sens dans le sens du Réel.

Sabrer, pour en rajouter. Retrancher du sens. Prolifération de sens et élimination du sens.

 

Comme si, elle ne se laissait pas aller à la jouissance optimale de l'acte de son écriture accomplie. Ne pas aller jusqu'au bout de sa jouissance ou plutôt se frustrer en sabrant son écriture. Aller au bout de sa jouissance mais ne pas vouloir l'exprimer toute dans le « pas toute ».

 

Le 27 mars 2011,

Hélène Perron.

 

1 H. Lee, Virginia Woolf ou l’aventure intérieure, Biographie, Editions Autrement Littératures, trad. 2000.

2 id., p. 233

3 F.Gorog, Du péché originel au lapsus du noeud ou le père maudit, Link n° 5, 1999

4 J. Aubert au séminaire de Lacan le 20 janvier 1976, in Le Sinthome, p. 76.

5Équivoque : du latin aequivocus, de aequus, égal, semblable et voxi, voix : voix, parole. C'est l'expression d'une pensée à double sens, susceptible d'une double interprétation. L'équivoque diffère de l’ambiguïté et de l'amphibologie.

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Mercredi 23 mars 3 23 /03 /Mars 20:42

"Il faut dire que on est surpris, enfin, que les philosophes anglais, ça ne leur soit nullement apparu. Je les appelle philosophes parce que ce ne sont pas des psychanalystes. Ils croient, dur comme fer, à ce que la parole, ça n’a pas d’effet. Ils ont tort. Ils s’imaginent qu’il y a des pulsions, et encore quand ils veulent bien ne pas traduire pulsion par instinct Ils ne s’imaginent pas que les pulsions c'est l'écho dans le corps du fait qu’il y a un dire. Mais que ce dire, pour qu’il résonne, pour qu’il consonne, pour employer un autre mot du sinthome madaquin, pour qu’il consonne, il faut que le corps y soit sensible. Et qu’il l’est, c’est un fait. C’est parce que le corps a quelques orifices dont le plus important, dont le plus important parce qu’il peut pas se boucher, se clore, dont le plus important est l’oreille, parce qu’il peut pas se fermer, que c’est à cause de ça que répond dans le corps ce que j’ai appelé la voix".

Jacques Lacan, Séminaire Le Sinthome.

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Dimanche 13 mars 7 13 /03 /Mars 03:10

Le discours de Rome de Jacques Lacan,

Novembre 1974.

 

« Chacun reçoit son message sous sa forme inversée », Jacques Lacan. Il dit que c'est la femme de Claude Lévi-Strauss qui a trouvé cette formule.

Le RSI se lit dans ce sens le Symbolique, l'Imaginaire et le Réel.

Lacan nous dit qu'il faut agiter les grelots du sens. Il prend l'image du hérisson et les peauciers du front, il dit qu'il faut penser avec les peauciers du front et ensuite ça se met en boule comme le hérisson. Il faut aussi penser avec les pieds pour trouver le chemin de l'analyse.

Ces ronds de ficelle, il fait référence au noeud borroméen, il dit qu'il faudrait que ça nous serve justement à la topologie que cela définit à être non dupe. Penser avec ses pieds, c'est y laisser quelque chose de bien différent qu'un membre. Il parle des analystes.

 

Il faut y laisser cet objet insensé qu'il a nommé le petit « a », c'est ça qui s'attrape au coincement du Symbolique, de l'Imaginaire et du Réel comme noeud.

 

Jacques Lacan nous dit que l'agalma, c'est ce qui est à attraper au centre du Symbolique, de l'Imaginaire et du Réel comme noeud. En attrapant l'agalma, nous sommes dans notre fonction d'analyste et il faut alors l'offrir comme cause au désir de notre analysant. C'est cela qu'il faut réussir à obtenir. Ce noeud, il faut l'être.

« C'est bien ça, d'abord sujet supposé savoir puis agalma qui finit d'ailleurs en désêtre et est prié de partir en emportant les mouches à la fin ! Précision de Françoise Gorog.

 

Ce noeud à être, ce n'est pas juste en avoir l'idée du semblant mais il faut être ce semblant pour l'autre. L'agalma rend opérant le Réel, là où il n'y a justement pas d'idée.L'objet petit « a » s'apparente à la logique. C'est un trou dans toutes les théories quelque qu'elle soit.

L'analysant baigne dans le semblant sans le savoir. Cela l’obsède. C'est l'in-support ou l’absence de support donc le trou, c'est insupportable, il ne sait pas pourquoi mais il le sent, il le ressent. Cet insupportable, il le propage.

 

 

Le Symbolique, l'Imaginaire et le Réel, c'est l'énoncé de ce qui opère effectivement dans notre parole quand nous nous situons du discours analytique quand analyste nous le sommes.

 

« Je n'ai pas eu à y mettre d'intention, je n'ai eu qu'à suivre moi aussi » Jacques Lacan.

 

Le discours du maître, c'est le discours de tout le monde.

Le Réel, c'est ce qui ne va pas, c'est ce qui fait barrage, c'est ce qui se répète sans arrêt pour entraver cette avancée psychanalytique. Ce qui se répète est à travailler car c'est là que le semblant

se met en place.

 

« Ce qui revient toujours à la même place, l'accent est à mettre sur REVIENT » Jacques Lacan.

C'est la place que l'analysant découvre, la place du semblant, c'est compliqué de situer seulement cette place dans l'imaginaire du sujet comme en premier la notion de place semble impliquée.

Nous avons les mathématiques pour nous appuyer sur quelque chose.

 

Dans le deuxième temps de définition, ce Réel, c'est l'impossible. Il a fallu des siècles pour pointer et parcourir ce chemin de l'impossible et surtout de l'entendre.

 

Le monde est imaginaire. Le Réel n'est pas le monde. Le Réel n'est pas universel, il n'est tout qu'au sens stricte que chacun de ses éléments soient identiques à soi-même. Il n'y a pas de tous les éléments. Il n'y a que des ensembles à déterminer dans chaque cas.

 

« Le signifiant lettre S1, ce signifiant, c'est ce qui s'écrit que de le faire en aucun effet de sens » Jacques Lacan.

La connaissance, c'est l'objet petit « a ». Il n'y a rien de plus dans le monde que le petit « a ».

Ce que l'on demande à la psychanalyse, c'est de nous débarrasser du Réel et du symptôme.

La psychanalyse est un lien à deux, c'est pour cela qu'elle se trouve à la place du manque du rapport sexuel.

Les stoïciens sont la base du lacanisme selon Jacques Lacan.

C'est du Réel dont dépend l'analyste et pas le contraire.

L'analyste a pour mission de contrer le Réel.

 

 

Le 13 mars 2011,

Hélène Perron.

 

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